Anciens géocacheurs, que sont-ils devenus ?

Ces derniers temps, je me suis demandé si les anciens du géocaching continuaient à jouer, ou avaient arrêté et pour quelles raisons. J’avais déjà interviewé le pionnier Garenkreiz il y a quelques années (il fête bientôt ses 20 ans de géocaching, prépare-toi pour un nouvel échange sur le blog !), et j’ai contacté d’autres anciens pour avoir leur ressenti (de vrais anciens du jeu, pas ceux qui se prennent pour des anciens et donnent des leçons à tout le monde 🙂 ) Peu de réponses, certains ont sans doute complètement coupé les ponts, peut-être d’autres sont malheureusement décédés, mais merci à ceux qui ont accepté de nous partager leurs impressions !

Warcat (2005)

Je vis très bien ma petite vie de retraité du Geocaching 🙂 . J’ai actuellement d’autres passions, j’ai vécu Geocaching, j’ai dormi Geocaching très longtemps, peut être trop longtemps ? Bien qu’actuellement retraité du Geocaching, j’assume toujours la maintenance de mes caches dans la mesure du possible.

Dire que cela me manque, non ! Il y a dans ce petit microcosme certaines personnes qui ne me manqueront jamais, elles se reconnaîtront. Je n’ai pas la rancune facile, mais on va dire que certaines choses sont allées trop loin.

Je suis passionné actuellement de spéléo, passion qui me comble au delà de mes expériences T5, je me bats à mon échelle pour faire disparaître l’utilisation de coordonnées Lambert qui sont une hérésie sur nos cartographies GPS actuelles.

Sauveteur Spéléo, spécialisé en transmissions souterraines, quand j’arrive à synchroniser les exercices et mes horaires de travail.

Il y a aussi la photo, chose qui m’aurait énervé il y a quelques années, le monde change, les gens changent… On me retrouvera facilement sur Flickr, n’étant plus premium l’envoi de liens m’est interdit 🙂

Et puis il y a ma nouvelle femme, à qui je ne me lasse pas de faire découvrir le monde, mon monde ! Eh oui il y en a une qui a fini par baguer le chat, avec l’âge je dois courir moins vite… 🙂

PianoPoppets (2005)

J’ai commencé le géocaching en 2005 seule, puis mon mari m’a rejoint. A l’époque nous n’étions que 5 dans le Bas-Rhin. Nous devions attendre des semaines avant de voir des nouvelles caches. Maintenant il y en a des milliers. A l’époque nous formions une équipe très sympa, nous nous retrouvions même avec les géocacheurs allemands et organisions des events ensemble.

Nous nous sommes appliqués à faire des caches de qualité, avec plein de choses originales dedans, puis avec le temps les caches ont été pillées. Parfois elles n’étaient même pas remises à leur place. Nous avons failli arrêter complètement vu le non-respect de certains.

Maintenant nous n’avons plus trop le temps de faire du géocaching localement, seulement quand nous voyageons j’ai organisé tout un tour d’Islande en cherchant les caches intéressantes sur notre route. Cela m’a pris du temps mais ça en valait la peine. Nous avons trouvé des endroits pas toujours cités dans les guides touristiques.

Serge Robert (2004)

J’ai découvert par hasard le géocaching en préparant un voyage aux USA en 2004. Je cherchais des moyens de télécharger des waypoints avec EasyGPS pour le parcours prévu. A l’époque, il n’y avait pas de cartes sur les GPS. J’avais acheté un GPS 12 de Garmin (avant 2000) pour l’avion et les randonnées. Avant le géocaching, je me suis amusé à rechercher des bornes géodésiques que j’avais d’ailleurs utilisées dans une de mes premières caches.

Comme beaucoup, j’ai cherché une première cache pas trop loin de chez moi. Il y avait assez peu de caches en France, moins de mille. La découverte de caches dans ces conditions étaient une véritable organisation avec le voyage et le report sur une carte IGN (dite compatible GPS) de coordonnées non-angulaires UTM. Il y a une de mes caches UTM 31-32 qui exploite le sujet. Donc les premiers géocacheurs étaient équipés d’un GPS type Etrex de Garmin sans cartographie. L’arrivée des applications sur Smartphone a été un tournant avec la véritable popularisation du jeu.

[Est-ce que ta motivation s’est essoufflée ?] Le but pour ce qui me concerne est de jouer en famille, avec des amis et de découvrir des lieux assez extraordinaires. Aujourd’hui, il y a beaucoup de caches avec un niveau de qualité qui est de mon point vue, à renforcer. Il y a une phrase célèbre d’un des fondateurs du Géocaching pour expliciter cela. Je vous laisse la chercher !!!

[Note du Tof : « Quand vous allez placer une géocache, pensez à la raison pour laquelle vous amenez les gens sur ce spot. Si la seule raison est la géocache, alors trouvez un meilleur spot »

« When you go to hide a geocache, think of the reason you are bringing people to that spot. If the only reason is for the geocache, then find a better spot. »

briansnat, Charter Member]

[Pourquoi as-tu arrêté ?] Je n’ai pas arrêté, j’ai un rythme plus lent. Parfois, je vais sur des endroits et je me dis « ça sent la cache », si j’allume mon smartphone je suis quasi certain d’en trouver une. Je ne la recherche pas toujours mais je vais essayer d’atteindre les 2000 🙂

[Est-ce que cela te manque, et aussi tes activités de reviewer ?] Avec l’activité de Reviewer, le jeu est différent et la notion de communauté est très forte. La qualité des échanges entre reviewers et le reste de la communauté est un vrai plaisir. J’ai arrêté officiellement au bout de 10 ans car je souhaitais faire d’autres choses et laisser la place à d’autres joueurs qui sont des reviewers talentueux.

L’avantage du jeu, c’est que lorsque cela te manque tu prends ton GPS et tu sors. Je joue lorsque j’en ai envie.


Je suis heureux que des gens comme toi s’intéressent au Géocaching, et je transmets mes amitiés aux Géocacheurs.

CaroTofr (2003)

Nous avons vécu aux Etats-Unis de 2001 à 2004 et avons découvert le geocaching là-bas avec des amis. C’était un super moyen pour faire marcher les enfants, et leur donner un but ludique.

De retour en France nous avons continué à découvrir des lieux grâce au geocaching et avons le réflexe de chercher des caches quand nous visitons une région pour aller dans des endroits que même certains autochtones ne connaissent pas. Nous n’avons jamais cherché à maximiser le nombre de caches mais comme nous voyageons pas mal (enfin avant le covid) nous avons plutôt essayé de faire les plus au nord, au sud, à l’ouest, à l’est etc dans des pays tous plus exotiques les uns que les autres.


Nous pratiquons de façon occasionnelle, mais toujours un peu. Nous avons participé à un event en Auvergne et avons commencé à créer quelques caches aussi. Voilà pour notre « expérience ». Aujourd’hui la carte est un peu noyée par les caches toutes plus nombreuses les unes que les autres et parfois quand il y a 40 ou 50 caches dans une seule balade, on trouve que ça perd un peu de son intérêt.

Triblock (2004)

Je m’y suis mis en 2004 par un copain qui a toujours été un dénicheur de nouveautés et aussi car j’avais déjà un GPS. J’ai trouvé le concept assez sympa. Mais à l’époque, il y avait beaucoup de  caches dans les pays anglo-saxons (autour de chez moi : Hollande, Belgique, Allemagne) mais ça démarrait doucement en France.

En plus, comme j’ai eu des enfants à cette époque, c’était un moyen assez sympa d’aller se balader avec un but et surtout, en trouvant des cadeaux ! En revanche, côté pratique, c’était pas vraiment ça. Il fallait préparer son circuit sur geocaching.com, imprimer les descriptifs et aller à la chasse.

L’arrivée du mobile et des applis a facilité les choses. Au début avec GSAK (Geocaching Swiss Army Knife) et ensuite avec CGeo, très pratique. On pouvait faire du geocaching comme ça, à l’improviste en déplacement professionnel ou en vacances.

Trois souvenirs marquants :

–          Mon premier Geocaching event dans la forêt de Fontainebleau où  j’ai fait le déplacement pour l’événement avec mon petit gars de 5 ans depuis Lille où je réside, dans la journée et où j’ai cherché mes plus belles caches (dont une nocturne) et rencontré une bande de geocacheurs sympathiques.

–          La quête des caches autoroutières où j’ai découvert longtemps après que celles autour de Grenoble étaient cachées par un très bon ami de ma sœur qui habite là-bas.

–          Cette cache classique avec toute une bande de petits avides de découvrir le trésor et là, ce fut le drame ! Deux ou trois petits cadeaux dans la boîte pour 7 ou 8 gamins qui voulaient tous le leur, je n’avais pas prévu ça !

Et j’ai bien aimé aussi l’idée de créer mes propres caches. J’ai dû en faire entre 15 et 20 au total.

J’ai été assez actif de 2004 à 2010 environ. Ensuite, les garçons ont grandi, et en avaient marre de mes nombreux DNF. Et même lorsqu’on trouvait (un des trois garçons était un fin limier pour trouver les caches dans les derniers mètres !), ils étaient moins attirés par les « cadeaux » alors c’était plus difficile de les embarquer. Et y aller seul, ce n’était pas ce que je recherchais le plus.

Mais j’ai continué jusqu’il y a peu à en faire une ou deux de temps en temps. Et puis je veille toujours sur deux ou trois multis que j’ai créées mais c’est de plus en plus difficile de les maintenir d’autant qu’elles ne sont pas forcément autour de chez moi.

J’ai toujours ce jeu en moi et j’aime y retourner de temps à autre, surtout en voyage !

[Pourquoi as-tu arrêté ?] Manque de temps et d’intérêt de mes proches.

[Est-ce que cela te manque ?] Oui, un peu. Mais, même si l’Internet mobile a indéniablement donné un coup d’accélérateur, il faut quand même du temps pour aller chercher des caches. Alors je continue encore à embêter mes amis de temps à autres en balade ou en rando en disant « tiens ! doit certainement y avoir une cache pas loin ! ».

Mais plus au point (à la belle époque) de les saouler avec mes caches : « ohhh non ! tu nous emmerdes avec tes caches ! »

Le Troyen (2005)

Nous avons découvert le géocaching grâce à une émission de radio qui présentait la recherche de cinq caches dans le Doubs et comme tout ce qui parlait GPS nous intéressait et que nous ne savions pas où aller en vacances, nous sommes partis dans cette région. Sur place nous avons loué un GPS pour 2 jours et nous sommes partis à la recherche des boîtes (style bidon pour les canoës). A la dernière nous avons rencontré un couple qui nous a parlé du géocaching.


A partir de là tout a été assez vite et Noël nous a vu acquérir un premier GPS et nous sommes partis à la recherche des boîtes. Cela nous a permis de découvrir des sites où nous ne serions jamais allés. Depuis nous poursuivons nos recherches sans avoir connu de moment de pause. Nous choisissons bien souvent nos lieux de vacances en fonction des caches existantes.


Le jeu a bien évolué depuis le début. Au départ il suffisait de partir avec son équipement de rando, son GPS et une boîte contenant divers babioles pour effectuer des échanges dans les boîtes ce qui enchantait les enfants. Depuis quelques temps il faut presque partir avec son échelle, sa canne à pêche ou plus grand, son matériel d’escalade pour dénicher le Graal.


De plus la plupart des boîtes ne peuvent contenir que le log book et ne laissent même pas la possibilité de mettre un TB. Bien souvent l’endroit où est posée la boîte ne présente aucun intérêt ce que nous regrettons. Enfin il ne faut pas généraliser, certains circuits sont très intéressants et les boîtes souvent travaillées dans ces cas-là.

Pour résoudre certaines énigmes il faut soit passer des heures devant son ordinateur ou avoir fait de longues études pour finalement trouver une nano ou une boîte pellicule. Cela ne nous empêche pas de continuer nos promenades et nos recherches.

Très intéressants tous ces témoignages ! On voit bien les différentes raisons d’un éloignement du jeu : Trop de caches trop proches, spots sans intérêt, manque de temps ou famille moins motivée, inimitiés, non-respect des caches, énigmes nécessitant trop de temps devant le PC… Mais je finirai sur une note d’optimisme, comme le dit Serge  » l’avantage du jeu, c’est que lorsque cela te manque, tu prends ton GPS et tu sors » !

A bientôt pour de nouvelles aventures ici, sur Facebook ou Instagram !

France-Géocaching

4 réflexions sur “Anciens géocacheurs, que sont-ils devenus ?

  1. Merci pour ces retours, tellement intéressants ! Surtout en ce moment où on a tous connu une pause plus ou moins forcée !
    Globalement oui, je trouve que c’est la surpopulation de caches qui a entrainé la lassitude de ces « vieux » geocacheurs.
    Le rabat-joie en moi dira que c’est la rappel du « Quand vous allez placer une géocache, pensez à la raison pour laquelle vous amenez les gens sur ce spot. Si la seule raison est la géocache, alors trouvez un meilleur spot » qui est la vérité à mes yeux. Et cette vérité est souvent oubliée 😦
    Mais l’avantage c’est qu’il y en a pour tous les goûts et personnalités du coup !

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  2. Intéressant, le retour des anciens. Je me suis inscrit sur le site en 2006, j’ai trouvé ma première cache en 2008 mais je n’ai réellement démarré qu’en 2014. Aujourd’hui, j’ai 7800 caches au compteur et comme je suis « frontalier », je vois la différence de philosophie entre Suisse et France. Mes grosses séries, c’est en France que je les ai réalisées. Pourtant, c’est vrai que ce ne sont pas souvent les caches qui marquent mon esprit, sauf peut-être des circuits Night faits entre potes et bien sûr quelques petites séries extrêmement bien travaillées.

    La fermeture de la frontière en mars – avril 2020 et les confinements successifs m’ont fait « quitté » le terrain français et revenir à mes « fondamentaux » : découvrir des spots et paysages valant le déplacement, des caches parfois plus travaillées, vivre de magnifiques multi. C’est aussi la raison qui fait que je ne pose pratiquement plus que des multi sous forme de rando-cache.

    Finalement, c’est comme dans tout : on peut aimer la quantité mais c’est au détriment de la qualité ou alors aimer la qualité au détriment de la quantité.

    Fort heureusement, plein de géopotes français continuent à priviliégier la qualité voir même pour certains de marier les deux, ce qui est un bel exploit.

    Et puis au final, il en faut effectivement pour tous les goûts et c’est le positif du Géocaching, il y a une telle variété que chacun peut y trouver de bonnes raisons de le pratiquer !

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    • Merci pour ton message, je ne pense pas en effet qu’il y ait une frontière complètement étanche entre qualité et quantité, ni entre un pays et un autre 🙂 Comme tu le dis, un des points forts du géocaching est la diversité !

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